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La commune de Moorea-Maiao a franchi une étape importante dans sa transition vers une gestion plus durable des déchets avec le lancement officiel de son projet de ressourcerie. Cette infrastructure dédiée au réemploi, à la réparation et à la valorisation des objets marque une avancée concrète vers un modèle plus durable et mieux adapté au contexte insulaire.

« Une ressourcerie n’est pas simplement un lieu où l’on récupère des objets. C’est un lieu où l’on donne une seconde vie aux choses, où l’on réduit les déchets, où l’on crée de l’activité et du lien social », a déclaré M. Taivini Teai, ministre de l’Agriculture, des Ressources marines, de l’Environnement, en charge de l’Alimentation, de la Recherche et de la Cause animale de Polynésie française.

« Le projet porté par Moorea-Maiao illustre parfaitement la vision que nous souhaitons développer en Polynésie française : des solutions concrètes, pensées localement et adaptées aux réalités de nos îles. »

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Porté dans le cadre de la seconde phase du programme ‘Sustainable Waste Actions in the Pacific’ (SWAP2), financé par l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 4,3 millions d’euros et mis en œuvre par le Programme régional océanien de l’environnement (PROE), le projet de ressourcerie repose sur un partenariat étroit avec la Commune de Moorea-Maiao et l’association Te Ui Rau, qui jouera un rôle central dans son exploitation et son fonctionnement. 

La seconde phase du projet lancée en décembre 2024 a permis d’intégrer la Polynésie française au programme SWAP, alors qu’elle ne participait pas à la première phase. Cette intégration lui permettra notamment de bénéficier davantage des échanges d’expériences, du partage de bonnes pratiques et des actions de renforcement des capacités mises en œuvre à l’échelle du Pacifique. A ce titre, une enveloppe d’environ 310 000 euros est dédiée à la mise en œuvre d’activités en Polynésie française, notamment aux projets de création de ressourceries sur le territoire, avec pour objectif la mise en place de 20 ressourceries d’ici 2030.

« Ce projet de ressourcerie est important pour notre commune, parce qu’il parle à la fois d’environnement, de solidarité mais aussi de responsabilité collective », a souligné M. Thierry Tapu, premier adjoint au maire de Moorea-Maiao. 

« Cette ressourcerie doit devenir un lieu utile pour la population, un espace de sensibilisation, de valorisation et de partage, au service d’une économie plus circulaire et plus locale. » 

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Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de prévention et de réduction des déchets portée en Polynésie française dans le cadre du programme SWAP2. 

Quelques jours avant le lancement du projet, plusieurs acteurs institutionnels, associatifs et communaux se sont réunis à Tahiti dans le cadre d’un atelier de formation consacré aux déchets marins, organisé en partenariat avec la Direction de l’environnement de Polynésie française (DIREN), Fenua Environnement et Sustainable Coastlines. Menés sur la plage d’Atimaono à Papara et à l’embouchure de la Punaruu à Punaauia, les audits ont mis en évidence la présence importante de déchets diffus, principalement plastiques, dans l’environnement littoral.

Dans un territoire où la gestion des déchets constitue un défi majeur, notamment en raison de l’isolement géographique et de la pression exercée sur les sites d’enfouissement, la ressourcerie apporte une réponse concrète. Dans une logique d’économie circulaire, elle permettra de capter, en amont, des objets encore utilisables afin de les réparer, de les transformer ou de les remettre en circulation, contribuant ainsi à limiter les volumes de déchets enfouis.

« Ce projet marque une étape importante pour la commune de Moorea-Maiao et, plus largement, pour la Polynésie française. Il incarne une ambition concrète : réduire les déchets, valoriser les ressources et développer une économie circulaire adaptée aux réalités insulaires », a souligné Mme Marie Edan, Directrice adjointe Polynésie française à l'Agence française de développement, lors du lancement.

Au-delà de l’enjeu environnemental, le projet porte également une dimension économique et sociale forte. La ressourcerie contribuera à la création d’emplois locaux, au développement de compétences en réparation et en valorisation, ainsi qu’à l’émergence d’activités artisanales. Elle se veut aussi un lieu de sensibilisation, destiné à encourager les habitants à adopter des pratiques de consommation plus responsables.

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Les résultats de ces audits ont rappelé le lien direct entre la gestion des déchets à terre et la pollution marine. Malgré l’apparence parfois propre des sites étudiés, les équipes ont identifié une quantité importante de fragments plastiques, d’emballages alimentaires et de petits déchets diffus susceptibles de rejoindre rapidement le lagon et l’océan. Ces constats soulignent l’importance de renforcer les solutions de prévention, de réemploi et de réduction des déchets à la source, comme la future ressourcerie de Moorea-Maiao.

Au cœur du dispositif, l’association Te Ui Rau jouera un rôle clé dans l’exploitation de la ressourcerie. En plus de la gestion quotidienne, elle assurera l’animation d’ateliers de réparation et de sensibilisation, contribuant ainsi à renforcer le lien social et à encourager des pratiques plus responsables au sein de la communauté locale.

« À travers ce projet, l’objectif est aussi de renforcer les capacités locales et de proposer des solutions concrètes, adaptées aux réalités insulaires. Une ressourcerie n’est pas seulement un lieu de traitement des objets, c’est un véritable espace de sensibilisation, d’apprentissage et d’engagement pour la communauté », a souligné Mme Julie Pillet, responsable du projet SWAP2 au PROE.

Les participants à l’atelier ont également rappelé l’importance d’agir en amont pour limiter les déchets susceptibles de rejoindre le littoral et l’océan. 

« Aujourd’hui, la plage semblait propre au premier regard. Pourtant, après la collecte, nous avons réalisé qu’il y avait énormément de déchets à caractériser. Cela montre qu’une pollution importante peut exister même lorsqu’elle est presque invisible. C’est un message fort à transmettre : prendre soin de notre Fenua », a expliqué Mme Marie-Louise Elian, responsable éducation et sensibilisation de l’association Oceania.

Ce projet illustre également l’importance des partenariats locaux solides. La collaboration étroite entre la commune de Moorea-Maiao et l’association Te Ui Rau constitue un levier essentiel pour garantir la pérennité de l’initiative. Elle permet d’ancrer la ressourcerie dans le tissu local et d’en favoriser l’appropriation par les habitants.

Le ministre a également rappelé que cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large portée par le Gouvernement de Polynésie française visant à développer progressivement un réseau de ressourceries à l’échelle du territoire.

 « Ce que nous lançons aujourd’hui à Moorea-Maiao constitue une étape importante vers la structuration d’une véritable filière polynésienne de l’économie circulaire », a-t-il ajouté.

« Ce projet ne se résume pas à une infrastructure. Il repose avant tout sur des femmes et des hommes engagés », a rappelé Mme Edan, insistant sur l’importance de l’implication locale pour assurer la pérennité de l’initiative.

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Au-delà de Moorea-Maiao, ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation de la gestion des déchets en Polynésie française. D’autres initiatives complémentaires sont en cours, notamment à Bora Bora, où une étude de gisement permettra de mieux orienter les flux issus des activités touristiques, et à Ua Pou, où une étude de faisabilité viendra appuyer la structuration d’un projet de ressourcerie adapté aux contraintes locales.

Pour le Programme régional océanien de l’environnement, qui accompagne la mise en œuvre du projet, cette initiative illustre la capacité des territoires insulaires à développer des solutions innovantes et adaptées à leurs contextes. Elle ouvre également la voie à une possible réplication dans d’autres communes du territoire, voire d’autres pays insulaires du Pacifique.

Avec ce lancement, Moorea-Maiao pose les bases d’un modèle plus durable, où les déchets deviennent des ressources et où l’économie circulaire s’ancre progressivement dans les pratiques locales et les politiques publiques du territoire.

À PROPOS DU PROJET SWAP 
Le projet SWAP2 contribue aux objectifs de la Stratégie pour un Pacifique plus propre en améliorant les infrastructures de gestion des déchets, en renforçant les capacités et en favorisant la collaboration régionale. Doté d’un financement total de 4,3 millions d’euros apporté par l’Agence française de développement (AFD), le programme accompagne neuf pays et territoires insulaires du Pacifique : les Fidji, Îles Salomon, Kiribati, la Polynésie française, les Samoa, Tonga, Tuvalu, Vanuatu et Wallis-et-Futuna. 
Le projet Sustainable Waste Actions in the Pacific – Phase 2 (SWAP2) est financé par l’Agence française de développement (AFD) https://www.afd.fr et mis en œuvre par le Programme régional océanien de l’environnement (PROE) www.sprep.org. Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://swap.sprep.org ou contacter Mme Julie Pillet, cheffe de projet SWAP, à l’adresse suivante : juliep@sprep.org